mercredi 25 avril 2012

AAA - revue Télévision n°4


L’appel du divertissement (CNRS éditions)

Dans la Crise de la culture, Hannah Arendt montre que les objets culturels sont inexorablement entraînés sur la pente du divertissement et que consommer s’identifie assez rapidement, dans notre société, à se divertir.
Cet « appel » du divertissement est particulièrement observable dans un média comme la télévision et il n’est pas loin de dominer la fameuse trilogie « informer, cultiver, divertir », soumettant les deux premières missions à sa loi. Ce numéro se propose donc d’explorer les glissements qui en résultent dans tous les genres télévisuels en suivant plusieurs pistes :
• l’utilisation du terme : quels genres regroupe-t-on aujourd’hui sous l’étiquette « divertissement » ? L’examen des journaux de programmes révèle que cet étiquetage est mouvant. Ainsi, certains programmes naguère classés dans la catégorie « télé-réalité » sont aujourd’hui considérés comme divertissement. À l’intérieur d’un même genre, les thèmes ou le répertoire retenus peuvent aussi révéler cet « appel » (par exemple, le choix des pièces faisant l’objet d’une retransmission théâtrale).
• la relation de l’information au divertissement, notamment au travers de « l’infotainment » : les talk shows, les journaux télévisés. Quelles sont les nouvelles formes des mélanges des genres qui font se côtoyer les stars du petit écran, les « people » et les politiques ? Quelles transformations ludiques ont subi, au cours de la dernière campagne présidentielle, les débats politiques ? etc.
• l’évolution des formules et des dispositifs : loin d’être fixés une fois pour toutes, les dispositifs et les formules des programmes subissent des évolutions importantes au cours de leur histoire. Dans cette perspective, il semble fructueux de confronter la promesse de certains programmes à leurs transformations progressives. Par exemple, les premiers numéros d’ On a tout essayé (de Laurent Ruquier) affichait une ambition culturelle (invitation d’intellectuels, critiques de livres, etc.), qui s’est diluée au fil des mois. L’étude chronologique de certains programmes peut faire ressortir les mécanismes par lesquels le divertissement s’insinue dans des émissions dites « culturelles ».
• Arendt note que le stade ultime de cet appel du divertissement est le moment où, pour faire « passer » un objet culturel, on le déforme « en vue de persuader les masses qu’Hamlet peut être aussi divertissant que My Fair Lady » et, pourquoi pas, tout aussi éducatif ». Cette remarque trouve de nombreuses confirmations aussi bien dans « l’actualisation » de fictions du patrimoine littéraire que dans la façon de présenter la science. On pourra s’intéresser aux adaptations « modernes » de classiques.
Ces pistes ne sont pas limitatives, pas plus que les angles adoptés. On évitera seulement les critiques générales de la télévision, ainsi que les discours de déploration. Seront bienvenues en revanche les contributions qui se pencheront sur un genre ou un programme en s’interrogeant sur le sens qu’ils donnent au terme « divertissement ».
Les projets sont à envoyer avant le 15 juin au responsable du numéro :
françoisjost@ceisme.fr
Les auteurs des articles retenus seront prévenus début juillet et les articles seront à rendre pour le 15 novembre 2012.
Responsable : François Jost

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